In vivo veritas

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Depuis 1995, les étudiants du département Infocom de l’Université de Nantes réalisent durant le F3C, magazine, site web, reportages audio et vidéo. Ce partenariat permet à chaque promotion de se placer en situation professionnelle.  

À l’époque, le F3C était dirigé par les frères Alain et Philippe Jalladeau. Gabriel Parnet lui, était en charge du département Infocom et par ailleurs, président de Nantes aime le cinéma. Les deux associations partageaient les mêmes locaux au Passage Pommeraye, ce qui a favorisé leur rapprochement. Les frères Jalladeau voyaient, avec cette collaboration, l’occasion de toucher un jeune public. « Au-delà du catalogue officiel du festival qui regroupe les fiches techniques des films en sélection, l’idée est d’avoir un magazine quotidien qui renouvelle le contenu en conservant des traces du passage de certains réalisateurs », déclare Patrice Allain. Aujourd’hui, le département archive l’ensemble des journaux réalisés durant vingt ans. « Avec cet aspect in vivo, nous sommes au plus près du festival afin de le faire vivre aux spectateurs, à Cosmopolis ou dans les files d’attentes. Le journal s’échange. Les gens peuvent lire aussi des critiques et se familiariser avec l’univers cinéphilique », conclut-il.

« Le F3C offre la possibilité aux étudiants d’être vraiment dans une expérience live, d’immersion totale. Le reste de l’année, les exercices sont exclusivement des expérimentations internes à l’université. Durant le Festival, les étudiants vivent une expérience similaire à celle qu’ils connaîtront plus tard, en tant que journalistes, lorsqu’ils couvrent un festival ou un autre événement », déclare Patrice Allain, responsable du Master 2 InfoCom. « Beaucoup d’étudiants ne sont pas cinéphiles. Mais ils vont écrire des articles et se confronter à des cultures qu’ils ne connaissent pas forcément », ajoute-t-il.

Un apprentissage rapide

De cette semaine intensive en ressort un apprentissage rapide. Certains étudiants affirment avoir appris « davantage en une semaine qu’en trois ans  ». « L’investissement est fort et la courbe d’apprentissage exponentielle. On progresse beaucoup parce qu’on est dans l’urgence, en tension. Il y a parfois des pleurs. Mais certains de ceux qui ont « souffert » hier travaillent aujourd’hui dans de grands médias », explique le professeur.

Patrice Allain se réjouit surtout de la « reconnaissance croissante » du travail professionnel des étudiants. « L’année dernière, pour la première fois, un sujet vidéo tourné auprès de l’équipe de Produire au Sud a été diffusé lors de la cérémonie de clôture. On est au-delà du travail étudiant, c’est quasiment la reconnaissance d’un travail professionnel ». Le responsable du Master se projette déjà vers les prochaines éditions. « Pourquoi ne pas lancer des initiatives qui pourraient rappeler les 20 ans du journal ? Ou une exposition sur le campus de tous les numéros, pour témoigner de l’évolution graphique ? Nous pourrions aussi retravailler sur la mémoire constituée au sein du département (videos, magazines, etc.) ».