« Faire mieux avec moins »

subvention

Pour sa 38e édition, le Festival des 3 Continents n’est pas épargné par le contexte économique difficile. Depuis cinq ans, la manifestation a en effet subi une baisse de ses subventions de près de 10%. Soirée d’ouverture transférée du Grand T au Katorza, choix de copies déjà sorties avec sous-titrages, recours au mécénat sont quelques-unes des initiatives prises en ce sens par le festival.

Tous les ans, au mois d’octobre, l’équipe du festival envoie ses dossiers de demande de subventions pour l’édition suivante. Le F3C reçoit le soutien financier de la Ville de Nantes, du Département de Loire-Atlantique, de la Région Pays de la Loire et du CNC (Centre National du Cinéma et de l’Image animée). Ces aides sont passées de 900 000 euros en 2012 à 650 000 euros en 2016 (-27,8%). Pour pallier à cette baisse, le Festival des 3 Continents met un point d’honneur à resserrer son budget (passé de 1 100 000 euros en 2008 à 650 000 euros en 2016, soit une baisse de -41%) tout en essayant de faire le moins de concessions artistiques possible. Cette année, la cérémonie d’ouverture n’a donc pas eu lieu au Grand T, mais au Katorza, loué pour l’occasion. Emmanuelle Jacq, responsable des partenariats du Festival, confie que le but est « d’essayer de mettre en place des conventions triennales avec les partenaires publics pour tenter de pérenniser et sécuriser au mieux le projet ». Le coût de la location des films et de leur traduction ne cessant de croître, les économies sont réalisables sur le choix de copies des courts ou longs métrages. C’est le cas par exemple du programme sur le cinéma indien où un avantage a été donné à ceux déjà sous-titrés.

Développer le mécénat

Au-delà des partenaires publics, l’équipe du Festival compte beaucoup sur ses quatre mécènes : Groupama, Atlantis Assurances, Enoflo et Primalys. Depuis quelques années, elle tente de développer ce mode de financement. Ces aides se trouvent investies dans les actions non lucratives et d’intérêt général organisées dans le cadre du Festival des 3 Continents. Le dispositif Produire au Sud ou les programmes de sensibilisation et d’éducation à l’image auprès des jeunes publics et des spectateurs en situation de handicap font notamment partie des actions prises en charge par le mécénat. Emmanuelle Jacq affirme d’ailleurs le désir du festival de « développer ce type de projets dans les années à venir ». « Ces démarches réclamant du temps, elles paraissent difficilement réalisables aujourd’hui par une équipe en sous-effectif et il nous est pour l’instant impossible d’engager quelqu’un pour s’occuper de cette mission. » Entre valorisation de leur image, visibilité et invitations aux soirées et projections, les bienfaiteurs disposent de nombreux avantages.

Crédit photo: Sarah Gicquiaud