Kiarostami, le contemplatif

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A travers le film d’ouverture Où est la maison de mon ami ? le Festival des 3 Continents rend hommage au réalisateur iranien Abbas Kiarostami, disparu le 4 juillet 2016 à l’âge de 76 ans. Il avait été révélé par le festival nantais en 1988 avec ce même long-métrage.

En Iran, dans les années 80 se déroule cette histoire : Ahmad, un enfant du village de Koker part à la recherche de son camarade de classe, Nematzadeh du hameau voisin, malgré les injonctions des adultes. Il a pris par mégarde le cahier d’école de son ami, qui risque de se faire renvoyer par le maître s’il n’a pas fait ses devoirs.

D’emblée, nous sommes en empathie avec l’enfant. Sous le regard d’Ahmad, le réalisateur tente de bousculer le trio infernal parent-enfant-enseignant dans une contrée soumise à la tradition ancestrale. Il contourne les préceptes de son pays natal sans animosité, sans misérabilisme, avec un réalisme poétique. En effet, Kiarostami évoque habilement, dans des scènes de la vie rurale, les contradictions de l’éducation, les travers de l’enseignement et le jaillissement des peurs enfouies de l’enfant. Autour de la question centrale « Où est la maison de mon ami ? », il met en correspondance le parcours (passage de la porte, du sentier, de la rue, de la forêt) avec l’évolution des pensées d’Ahmad. Cette interrogation devient un véritable chemin initiatique à travers les paysages persans. Cette première odyssée forme la “trilogie de Koker” avec deux autres longs-métrages Et la vie continue (1991) et Au travers des oliviers (1994), où Abbas Kiarostami, le contemplatif, réussit à approcher l’enfance de l’intérieur.

Film Hors-Compétition, séance spéciale
Où est la maison de mon ami ?
Abbas Kiarostami
Iran
1987
Fiction
87′