In the Last Days of the City Montgolfière d’or

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Le Proche-Orient, théâtre des tensions mondiales, s’invite aux premières loges du festival. L’Egyptien Tamer El Said, réalisateur du film In the Last Days of the City, remporte la Montgolfière d’or.

On s’attend à un regard critique sur la crise qui secoue le monde arabe en général et l’Egypte en particulier. Lorsque l’on interroge Tamer El Said à l’espace Cosmopolis, il s’en dédit. Le réalisateur se refuse à livrer une lecture politique de son travail. Son propos n’est pas de donner des clefs sur la situation de l’Egypte, mais de questionner le public, de le pousser à la réflexion. « Ce n’est pas ma vision qui compte, c’est la perception du public ». Il ajoute que si l’on tente d’expliquer la réalité, on peut vite tomber dans le manichéisme, où tout est blanc ou noir. Son cinéma à lui baigne dans une luminosité jaunâtre qui enveloppe la ville comme un brouillard diffus.

Accepter de perdre le contrôle

Le film se lit comme une mise en abyme : Khalid est un jeune réalisateur cairote qui souhaite réaliser son premier documentaire. Rêveur, indécis, l’Egyptien suit son film et non l’inverse. Comme le précise l’auteur, tourner est difficile, quel que soit le contexte, quels que soient les enjeux et il n’est pas possible de tout organiser à l’avance. Surtout dans In the Last Days of the City dont la réalisation s’est étalée sur plusieurs années. Il était nécessaire pour l’auteur de «perdre le contrôle» s’interrogeant sur la relation qu’il entretient avec sa ville natale, Le Caire. Il aurait voulu retranscrire à l’écran l’histoire de la capitale égyptienne, non pas comme un récit personnel mais comme une fable à caractère universel.

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« Ce n’est pas ma vision qui compte, mais la perception du public »

Tamer El Said aurait pu présenter son film à Berlin il y a neuf mois mais a préféré en réserver la primeure au Festival nantais. Tout en retenue, le gagnant de cette 38è édition ne souhaitait pas rentrer dans le jeu de la compétition. « Je ne suis pas venue ici pour gagner une médaille ». C’est raté. Il lui faudra trouver une place sur sa cheminée pour ranger son trophée nantais.

Crédit Photo: Aurore Duplessis