Grigris, trahir pour rester humain

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Le réalisateur Mahamat Saleh Haroun met en lumière le contraste entre tension urbaine et solidarité rurale à travers l’itinéraire d’un couple de jeunes africains.

Grigris est le surnom d’un homme de 25 ans, paralysé d’une jambe, qui veut être danseur professionnel. Malgré son handicap, il se voit déjà en haut de l’affiche. La maladie de son beau-père l’oblige à subvenir aux besoins de la famille pour payer les frais d’hospitalisation. Il se fait embaucher par des trafiquants d’essence. En cours de route, il tombe amoureux de Mimi, une prostituée métisse. Ensemble, ils fuient à la campagne, pour échapper aux trafiquants que Grigris a doublés, aspirant à se refaire une vie commune sur de nouvelles bases.

La caméra suit le personnage principal en s’attachant à restituer sa fébrilité. Cadrée à hauteur d’homme, le réalisateur concentre l’attention sur l’aspiration du danseur à trouver l’empreinte de son corps dans le monde, plutôt qu’à l’invalidité de sa jambe. Mahamat Saleh Haroun parvient à nous faire entrer dans la peau de Grigris, à nous faire oublier son handicap au cours d’une fuite où les deux protagonistes essaient d’échapper à leur sort.

Haroun dépeint une société dans laquelle il faut parfois trahir pour rester humain. Il nous offre des vues rares du Tchad, une traversée des rues et de l’univers nocturne de la capitale, N’Djamena. Un contraste absolu de la vie simple d’un village montrée au grand jour. L’opposition est flagrante entre modernité et tradition, règlement de comptes et solidarité, en premier lieu celles des femmes.

Film Hors-Compétition, Programme Dansez, Chantez !
Grigris
Mahamat-Saleh Haroun
Tchad
2013
101′