Anina, un monde dans une enveloppe

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Anina Yatay Salas est une petite fille à qui son nom rend la vie dure puisqu’il s’agit d’un palindrome, un mot que l’on peut aussi bien lire à l’endroit qu’à l’envers. A première vue, cela ne semble pas si terrible mais, pour elle, ce n’est ni plus ni moins qu’une malédiction. Victime de moqueries à l’école, il n’en faut pas plus pour qu’une bagarre éclate et qu’elle se retrouve dans le bureau de la principale. Comme unique punition : une enveloppe cachetée, à n’ouvrir sous aucun prétexte avant la fin de la semaine…

Toute la poésie de ce long-métrage réside principalement dans sa réalisation : un mélange de techniques artisanales mariées avec subtilité au numérique. Les personnages, tout comme les paysages, semblent réalisés en papier découpé, habilement animés. Ce traitement graphique ne connaît qu’une exception lorsqu’Anina se souvient de sa fête d’anniversaire pour ses 6 ans. Le papier laisse place aux traits de crayon plus épurés du dessinateur. Les aspérités du décor disparaissent, le dessin est simplifié comme pour faire écho à la candeur de la petite Anina qui n’a pas encore fait face aux complexités de la vie.

Anina est une ode au respect et à la tolérance. L’intrigue, qui gravite autour des deux étranges enveloppes, n’est qu’un prétexte pour inviter les plus jeunes à réfléchir sur eux-mêmes. Le monde de papier d’Anina est tout aussi énigmatique que notre monde réel. C’est bien connu, les enfants sont parfois très cruels entre eux et Anina n’est d’ailleurs pas totalement exemplaire. Cependant, elle prend conscience petit à petit de ses erreurs, et apprend à être plus indulgente envers les autres. Ce long-métrage est une jolie petite leçon de vie, assez intelligent pour ne pas être moralisateur.

Film Hors-Compétition, Premiers pas vers les 3 continents
Anina
Alfredo SODERGUIT
Colombie/Uruguay
2013
Animation
80′